dimanche 25 septembre 2016

Voyage, voyage encore et toujours

Après ces voyages de vendredi d'où j'ai ramené des trésors, après une matinée de corvées de tous ordres, je me pose enfin dans ce paradis où s'attarde l'été. 
Bleu, bleu, le ciel est bleu-soleil,
et sur ma terrasse, il fait chaud, 
c'est le temps de la découverte de ce
Lapacho griffé Le Fossé fleuri infusé à froid depuis hier. Avant même d'y goûter un parfum prononcé d'agrumes chatouille mes narines, la saveur est acidulée avec des notes de vanille, c'est très agréable en bouche, si en plus c'est thérapeutique... 
C'est l'intérieur de l'écorce qu'on gratte si j'ai bien compris, les morceaux d'orange lui donne un plus aromatique, je ne sais pas si les "copeaux" nature dégage la moindre odeur. 
La température continue à grimper mais une très légère brise empêche d'âtre accablé, de toute manière je supporte la chaleur quand il y a de l'air. Et j'en profite au maximum, tant pis pour ma main... 
Infusé à froid également
Petite Ourse dont j'ai pu remplir à nouveau l'écrin vendredi ! 
Et pour accompagner ce nectar, des douceurs aux agrumes 
à la texture assez particulière, ils sont bons, s'accordent bien avec
Petite Ourse mais ils sont trop sucrés pour moi. 
Ce soir, retour dans mon salon bleu-thé pour préparer un autre trésor : le
Oolong au lotus dont le procédé de fabrication est décrit ici : http://www.theodor.fr/fr/thes-verts-parfumes/209-blue-oolong-lotus.html , est cela faisait aussi un bail que je n'en avais plus, j'ai hâte d'être transportée... 
aux accents reposants de cette douce musique.
Infusion dans cette jolie théière vietnamienne, temps conseillé 2 à 3 minutes à 80°. Je retrouve bien les saveurs que j'aime, mais elles sont comme atténuées, même la couleur n'est pas aussi jaune soleil comme dans mes souvenirs, j'attribue cette différence aux paramètres conseillés 
et je prépare une deuxième infusion à 85° pendant 4 minutes. Et là, c'est parfait pour moi, et je retrouve cette belle couleur or : émotion gustative intense, le bonheur est dans le thé ! Et je repense à ce si patient processus de fabrication, j'imagine les doigts de fée des cueilleuses qui vont déposer précautionneusement les bourgeons dans ces magnifiques fleurs de lotus si symboliques là-bas : "
Un "Jardin retiré" dans la campagne vietnamienne d’une beauté extraordinaire. Il s’agit d’un Blue Oolong, un Wulong du Vietnam qui porte dans ses origines la protection évidente des cieux.
A l’instar de nombreux autres thés, (...) les bourgeons sont récoltés dans les premières heures de la journée et préservés ainsi jusqu’au soir où ils sont déposés, poignée par poignée, dans chaque fleur de Lotus qui embellissent les lacs de la plantation.
Au matin, à la rosée, refermées sur elles-mêmes durant la nuit, les fleurs se redressent fièrement, et rendent aux cueilleurs le thé qui s’est ainsi laissé parfumer de leurs fragrances, après avoir été conservées comme un trésor. Délicat, long en bouche, d’une douceur absolue, ces parfums associés à la noblesse d’un Oolong offrent un nectar que l’on se doit de déguster".
Je me souviens aussi avec émotion de la première fois que j'ai découvert ce thé si particulier, je l'avais à l'époque préparé en zhong : http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2012/06/moments-forts-et-surprenants-dans-la.html
J'avais été très étonnée par la différence de couleur entre les feuilles sèches, torsadées et d'un vert très foncé, ma laissant pensé à un degré important de fermentation, et celle des feuilles infusées, d'un vert beaucoup plus intense qui fait penser à une oxydation plus faible. Mais ce soir je pense surtout au bonheur profond que j'éprouve à chacune de mes préparations, un cérémonial, un rituel qui ont permis de faire découvrir à l'hyperkinétique que j'étais alors les bienfaits de se poser et de se recentrer sur l'essentiel. 
Ce dimanche matin, je me suis réveillée aux aurores, presque en même temps que le soleil, l'âme en paix après un merveilleux rêve réunissant les deux êtres que je chéris le plus au monde, c'est cela le mystère de ce monde onirique et fascinant : ils ne se sont jamais rencontrés mais ils marchaient main dans la main comme un enfant et son papa dans le désert, je les suivais des larmes de bonheur dans les yeux en pensant au petit Prince... 
C'est tout naturellement que j'ai choisi ce
Thé des Princes
et cette musique, d'une autre voie celle du thé, commencée il y a bien longtemps déjà et qui ne finira jamais. 
Infusé ce matin dans cette petite théière si symbolique qui me fait penser à d'autres Dragons... J'aime la saveur particulière de cette infusion que je ne peux pas vraiment définir, mais l’important c'est d'aimer... J'avais rendez-vous avec mon amie Catherine dans un lieu improbable que je fuis d'habitude, le bruit, les odeurs nauséabondes de malbouffe, les objets hideux exposés à la vente, très peu, j'ai horreur de cela pour moi mais c'était la seule manière de se voir vu ses horaires surchargés ! Surprise et plaisir aussi de rencontrer Pascal G., un (très) ancien étudiant... 
Je ne suis cependant pas revenue les mains vides, quelques spécialités provençales et surtout ces épices, je sens qu'elles n'arriveront pas à leur date de péremption ? 
surtout celles-ci...! 
Malgré ce ciel très menaçant, j'ai encore espoir de m'installer sur ma terrasse. 
Malheureusement, le temps d'infuser à chaud cette fois le
Lapacho,     
une pluie battante a contrecarrer mes plans, 
J'ai eu juste le temps de ramener le plateau et son contenu mais pas le thermomètre, tant pis, il prendra son bain. 
Je ne prends pas le temps d'essuyer le plateau, j'ai envie de goûter ce mélange chaud. Délicieux, je vais en commander et demander à Martine de me l'amener mercredi si "on" (oui je sais c'est un pronom indéfini et impoli comme on me l'a appris mais les noms qui s'y cachent sont une surprise)  n'a pas le temps de passer d'abord dans ce lieu de perdition choisie !
Pour accompagner ma lecture, ces fameux chocolats tellement différents de ceux que nous connaissons ici, épicés, noirs et pourtant je les aime ! 
Et à propos de ce livre, petit par la taille mais grand par son contenu : érudit et drôle à la fois ! J'en reparlerai lors d'une longue journée d'hiver quand, à part me livrer à ma drogue liquide, je le reprendrai page par page pour vous livrer ce qui m'a étonné, fait réfléchir, beaucoup rire aussi. Le sujet, mille fois traité, l'a été ici de manière très personnelle, originale, j'ai encore appris, et en profondeur... 
La pluie a cessé
mais le ciel n'a pas encore tout donné, la nature lui dit merci, moi pas 
  d'autant que la température a dégringolé sous les 10° et il est à peine 18heures. J'aurais bien passé la soirée avec le
Nanmei Ye Sheng Bai Ya un Pu Er, l'un de mes trésors ramenés vendredi mais mon mari souhaite que nous passions la soirée ensemble, au programme La grande vadrouille que je connais par cœur mais le spectacle sera dans la salle ! Un très beau premier week-end d'automne avec ces voyages au pays de l'excellence, des saveurs subtiles et des belles rencontres !

vendredi 23 septembre 2016

Voyage, voyage...

Ce vendredi, je pars en voyage, je le souhaite moins périlleux que la dernière fois http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2016/08/ce-week-end-jai-encore-tutoye-les.html ! Arrivée sans encombres dans cette ville que j’ai toujours aimée, d’abord parce qu’elle reste à taille humaine, parsemée de petites rues improbables pleines de surprises, une ambiance nonchalante qui me convient très bien, et surtout pour la gentillesse des namurois à l’accent si reconnaissable! Pas d’énervement visible, un visage avenant où pointe souvent un sourire… Ils ont la réputation d’être lents, avec un petit air condescendant les excités disent qu’il ne faut pas être pressé quand on va là… mais depuis quand est-ce une tare ! 
Ah non, demain aussi peut-être mais aujourd’hui il fait soleil. 
Je ne sais pas si je suis vraiment sur le chemin de Compostelle, 
je suis en tout cas sur celui du Cèdre,
direction la Rue des Fossés fleuris. 
Mon chemin s’arrête précisément ici! Et pourtant dans ma folle jeunesse j’aurais aimé faire ce chemin avec mon amie Chantal, nous en avions parlé à de nombreuses reprises, elle a depuis rejoint les étoiles, et moi j’ai passé l’âge… 
Mon premier voyage est terminé, un autre commence... Ravie de revoir Martine, l'âme de ce Fossé fleuri, ce lieu hors du temps.  
Ce deuxième voyage est celui de l'excellence et des multiples saveurs. A commencer par ce
Sencha Uraka, première émotion gustative ! Un fou rire quand Martine me dit que certains ont été choqués qu'elle infuse un thé de cette qualité de cette manière... Sans avoir assisté à la scène, je suis certaine qu'elle a expliqué avec ce calme olympien qui la caractérise que sa conception du thé n'est pas élitiste, qu'elle souhaite que ce monde soit ouvert au plus grand nombre et son rôle sera de leur expliquer comment chaque culture prépare ces nectars. Mais avant cela les novices doivent en découvrir les couleurs et les saveurs ! Je n'aurais pas cette sainte patience, je déteste les ayatollah du thé, les mêmes qui s'offusquent des thés parfumés, ils montrent par là leur inculture : les Chinois ont été les précurseurs dans ce domaine... Pour accompagner ce "parfum qui se boit", un petit sablé au thé vert, un vrai régal. 
Et de plus, c'est artisanal et belge :
www.biscuiteriedestree.be
Pendant que je sirotais ce breuvage, mon GSM sonne, c'est ma chère Mich qui a malheureusement été empêchée de me rejoindre mais elle m'annonce aussi avec des trémolos dans la voix qu'elle ne peut y participer parce qu'elle est allergique aux poissons et crustacés.  J'en parle à Martine qui, ni une ni deux, appelle le restaurant pour voir s'il serait possible d'aménager le menu pour la grenouille verte et en rentrant j'ai appris que le (grand) chef avait donné une réponse positive, LA classe! Mich,tu n'auras pas besoin d'attendre tes 50 ans pour aller dans ce lieu d'exception d'après ce que tu m'en as dit ! 
Avec mon frugal dîner, une tartine de thon aux tomates, un
Lapsang souchong, très bon accord évidemment.
 Je voulais un dessert liquide, Martine me présente alors un thé jaune très rare. J'ai failli tomber de ma chaise en apprenant cela, je n'en ai jamais bu qu'une seule fois et n'en ai plus trouvé depuis http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2008/07/mme-si-par-ce-temps-tout-juste-bon-pour.html , préparé et servi par elle, c'est un plus... 
C'est en tremblant un peu que j'y trempe les lèvres et là, c'est l'extase, véritablement.
Un deuxième passage, j'y retrouve cette douceur légèrement miellée, une grande rondeur aussi. 
Encore une et la couleur montre bien que les Belles n'ont pas encore tout donné. 
Et ce n'est pas encore terminé ! Cette dernière infusion me fait penser à un autre thé d'exception, le fameux
Yunnan Hu et aussi le Golden Pearls... Il m'en faut évidemment, mais quel est le nom de cet exceptionnel nectar? 
Le
Je wui Shan Wui Shen
Le temps passe beaucoup trop vite, il est temps de quitter ce lieu où il s'est arrêté, Martine prépare mes petits sachets tout en papotant. 
Sur l'étagère d'en face... mais je n'ai pas craqué, je n'ai plus de place... pour le moment !
Martine me parle alors de cette plante miracle que je n'ai jamais goûtée 
c'est le
Lapacho, je l'essayerai la prochaine fois sauf que je ne devrai pas attendre, elle m'en a offert un sachet ! 
Et voilà mes trésors : les thés bien sûr mais aussi ce qui les accompagne si bien, les biscuits et ces chocolats tellement particuliers. 
Pendant que je vivais ce merveilleux voyage au pays de l'excellence et des saveurs du bout du monde, un grand colis est arrivé, contenant entre autres le
Daeshan Nokcha, un thé coréen très frais, qui allie à la fois les qualités des thés chinois et japonais, eh oui. La dernière fois que j'en avais trouvé c'était à ... Amsterdam chez Four leaves lors d'une journée complètement folle que j'adore (et j'en redemande!) http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2015/08/une-tres-longue-journee-surrealiste.html . Mais la boîte s'est vidée très vite, heureusement j'en ai retrouvé ici... 
Martine m'a conseillé d'infuser le
Lapacho à froid toute la nuit, je suis impatiente de découvrir cela d'autant que parmi les innombrables vertus figure le remède contre les troubles neurologiques qui se sont rappelé à moi, j'ai cassé un bol, même au paradis, un comble ! Mais ce n'est pas cela que je retiendrai, ce sont ces instants d'éternité passés en compagnie de Martine dans ce lieu dédié au Beau, au Bon et à la vraie relation humaine, si simple, sincère et profonde. MERCI Martine et à mercredi !